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La double peine du concubin
Le concubinage — vivre en couple sans être marié ni pacsé — est le statut le plus défavorable en matière de succession. Votre partenaire cumule deux handicaps majeurs :
- Il n'est pas héritier légal : sans testament de votre part, il ne reçoit strictement rien à votre décès. Tout va à vos enfants, vos parents ou vos frères et sœurs.
- Il est taxé à 60 % : si vous lui léguez quelque chose par testament, il ne bénéficie que d'un abattement de 1 594 € et le reste est taxé au taux de 60 %. Le taux le plus élevé de tout le barème successoral.
Exemple chiffré sans préparation
⚠️ Le concubin ne reçoit que 80 956 € sur les 200 000 € légués. L'État perçoit 119 044 € — soit 60 % du legs.
Les solutions classées par efficacité
1. L'assurance-vie (meilleure solution)
C'est de loin la solution la plus efficace pour transmettre à un concubin. L'assurance-vie est hors succession : le capital transmis au bénéficiaire désigné échappe au taux de 60 %. Pour les versements effectués avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire bénéficie d'un abattement de 152 500 € entièrement exonéré, puis d'une taxation à 20 % jusqu'à 852 500 € et 31,25 % au-delà.
C'est une différence considérable : au lieu de 60 %, votre concubin paie 0 % jusqu'à 152 500 € et 20 % au-delà — contre 60 % par testament.
2. Le PACS ou le mariage
La solution radicale : changer de statut. Le PACS offre une exonération totale de droits — mais attention, sans testament le partenaire pacsé n'hérite pas automatiquement. Le mariage, lui, cumule exonération fiscale et héritage légal automatique.
Si votre situation personnelle le permet, se pacser ou se marier est la protection maximale.
3. Le testament (dernier recours, à combiner)
Un testament en faveur de votre concubin lui permet de recevoir quelque chose légalement, mais au coût de 60 % de droits. À utiliser en complément de l'assurance-vie pour les montants dépassant les plafonds de celle-ci, ou pour des biens immobiliers qu'on ne peut pas loger dans une assurance-vie.
Comparatif des 3 statuts pour le partenaire
| Statut | Héritier légal ? | Taux de droits | Abattement |
|---|---|---|---|
| Marié | Oui ✅ | 0 % | Exonération totale |
| Pacsé | Non ❌ (testament requis) | 0 % | Exonération totale |
| Concubin | Non ❌ | 60 % | 1 594 € seulement |
Questions fréquentes
Mon concubin hérite-t-il si je décède sans testament ?
Non, absolument pas. Le concubin n'est pas héritier légal. Sans testament, tout va à vos héritiers légaux dans l'ordre suivant : enfants, parents, frères et sœurs. Votre concubin, même si vous vivez ensemble depuis 20 ans, ne reçoit rien si vous n'avez pas pris de dispositions.
Quels droits de succession pour un concubin ?
Le concubin est taxé à 60 % après seulement 1 594 € d'abattement. C'est le taux applicable aux personnes sans lien de parenté. Sur 100 000 € légués, il paie environ 59 044 € de droits et ne reçoit que 40 956 € nets.
L'assurance-vie évite-t-elle les 60 % de droits pour un concubin ?
Oui, c'est précisément pour cela que l'assurance-vie est la solution privilégiée. Le capital versé via une assurance-vie n'est pas soumis au taux de 60 % mais à la fiscalité propre de l'assurance-vie : 0 % jusqu'à 152 500 € (versements avant 70 ans), puis 20 % jusqu'à 852 500 €. L'économie est massive.
Vaut-il mieux se pacser ou se marier pour protéger son concubin ?
Les deux offrent l'exonération totale de droits de succession. La différence : le conjoint marié est héritier légal (sans testament), le partenaire pacsé ne l'est pas (testament obligatoire). Sur le plan successoral pur, le mariage est légèrement plus simple. Sur le plan pratique, le PACS est plus facile à conclure et à dissoudre.
Peut-on contourner les 60 % autrement que par l'assurance-vie ?
Pratiquement non, pour des montants significatifs. La démembrement de propriété peut permettre de transmettre la nue-propriété d'un bien à un coût inférieur, mais reste soumis aux 60 %. La vraie solution structurelle est de changer de statut (PACS ou mariage) ou d'utiliser l'assurance-vie.