Comment protéger mon conjoint ou partenaire en cas de décès ?

Ce que prévoit la loi est souvent insuffisant — surtout en présence d'enfants d'un autre lit. Donation entre époux, testament, assurance-vie, communauté universelle : 5 solutions concrètes pour renforcer la protection de votre conjoint.

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Équipe SimulezVotreMort.fr
Publié le 13 juillet 2026

La protection du conjoint survivant est l'une des préoccupations majeures de la planification successorale. Si la loi lui accorde certains droits, ceux-ci peuvent s'avérer insuffisants — particulièrement lorsque le patrimoine est principalement immobilier ou que des enfants d'une précédente union sont présents.

Ce que prévoit la loi : souvent insuffisant

En l'absence de dispositions particulières, le conjoint survivant reçoit légalement :

⚠️ Attention : Si le patrimoine est principalement composé de biens immobiliers, le conjoint peut se retrouver dans une situation précaire — bénéficiant de l'usufruit d'une maison mais sans liquidités pour faire face aux charges courantes. Les 5 solutions ci-dessous permettent de corriger ce déséquilibre.

Rappelons que le conjoint marié est totalement exonéré de droits de succession depuis 2007. La question n'est donc pas fiscale, mais patrimoniale : il s'agit de s'assurer qu'il dispose de suffisamment de ressources pour vivre dignement après le décès.

Solution 1 — La donation entre époux (donation au dernier vivant)

C'est le premier réflexe à avoir pour tout couple marié. La donation entre époux, aussi appelée « donation au dernier vivant », offre au conjoint survivant trois options à exercer au décès :

Le conjoint choisit l'option la mieux adaptée à sa situation au moment du décès — ce qui lui donne une grande flexibilité.

💡 Infos pratiques : La donation entre époux se fait par acte notarié. Coût estimé : 150 à 250 € selon les études. Elle est révocable à tout moment par l'un ou l'autre des époux, et automatiquement révoquée en cas de divorce.

Solution 2 — Le testament

Le testament permet de léguer au conjoint la quotité disponible, c'est-à-dire la part du patrimoine dont on peut disposer librement, après déduction de la réserve héréditaire des enfants.

La quotité disponible dépend du nombre d'enfants :

Le testament peut prendre deux formes : olographe (écrit entièrement à la main, daté et signé) ou authentique (rédigé devant notaire). Le testament authentique est recommandé pour éviter les risques de contestation.

⚠️ Familles recomposées : Si vous avez des enfants d'une première union et souhaitez avantager votre nouveau conjoint, soyez particulièrement vigilant : vos enfants peuvent réclamer leur réserve héréditaire, ce qui peut conduire à la réduction des legs consentis au conjoint.

Solution 3 — L'assurance-vie (solution la plus flexible)

L'assurance-vie est souvent présentée comme la solution la plus souple pour protéger son conjoint. Les capitaux transmis via une assurance-vie :

💡 Conseil pratique : Désignez votre conjoint comme bénéficiaire de premier rang et prévoyez des bénéficiaires de second rang (vos enfants, par exemple) pour le cas où votre conjoint vous prédécerait.

Solution 4 — Le changement de régime matrimonial

Pour les couples souhaitant une protection maximale, le passage en communauté universelle avec clause d'attribution intégrale permet au conjoint survivant de recueillir l'intégralité des biens communs hors succession.

Concrètement : au décès du premier conjoint, 100 % des biens communs reviennent au conjoint survivant sans qu'il soit nécessaire de passer par la succession. Les enfants n'héritent qu'au second décès.

Points de vigilance :

Solution 5 — Le PACS ou le mariage (pour les concubins)

Pour les couples vivant en concubinage, la situation est particulièrement défavorable : le concubin ne figure pas parmi les héritiers légaux et est taxé à 60 % de droits de succession (après un abattement symbolique de 1 594 €).

Les deux alternatives :

Tableau récapitulatif des 5 solutions

Solution Avantage principal Inconvénient Coût estimé
Donation entre époux 3 options au choix du survivant Limitée à la quotité disponible 150–250 €
Testament Grande flexibilité Réserve héréditaire intangible 0 (olographe) à 300 €
Assurance-vie Hors succession, totalement exonérée Primes prélevées sur le budget Variable
Communauté universelle 100 % des biens communs hors succession Réduit l'héritage des enfants 500–2 000 €
PACS / Mariage Exonération totale de droits PACS : testament obligatoire pour hériter Variables

FAQ

Que reçoit le conjoint sans donation entre époux ?

Sans donation entre époux, le conjoint survivant reçoit au choix 1/4 de la succession en pleine propriété ou l'usufruit de la totalité, si tous les enfants sont communs. En présence d'enfants d'une autre union, il ne peut recevoir que 1/4 en pleine propriété — sans option pour l'usufruit total.

La donation entre époux est-elle automatiquement révocable ?

Depuis la loi du 26 mai 2004, la donation entre époux (donation au dernier vivant) est révocable unilatéralement à tout moment par l'un ou l'autre des époux, sans avoir à en informer le conjoint. En cas de divorce, elle est automatiquement révoquée sauf volonté contraire expresse.

Le conjoint est-il exonéré de droits de succession ?

Oui, depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint marié survivant est totalement exonéré de droits de succession, quelle que soit la valeur des biens transmis. Le partenaire de PACS bénéficie de la même exonération totale. En revanche, le concubin (compagnon sans PACS ni mariage) est taxé à 60 % après seulement 1 594 € d'abattement.

Peut-on tout léguer à son conjoint au détriment des enfants ?

Non. Les enfants sont héritiers réservataires et ne peuvent être écartés de la succession. La réserve est de 1/2 pour un enfant, 2/3 pour deux enfants, 3/4 pour trois enfants ou plus. On ne peut disposer librement que de la quotité disponible — qui peut être entièrement léguée au conjoint.

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