Calcul des droits de succession sur un bien immobilier

Maison, appartement, terrain : les biens immobiliers représentent souvent la majorité du patrimoine transmis. Comment sont-ils valorisés ? Quels abattements s'appliquent ? Et comment éviter de devoir les vendre pour payer les droits ?

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Équipe SimulezVotreMort.fr
Publié le 13 juillet 2026 · Barèmes 2026 officiels

Comment valoriser un bien immobilier dans une succession ?

La première question à résoudre est la valeur à déclarer. L'administration fiscale exige la valeur vénale au jour du décès : c'est le prix qu'un acheteur accepterait de payer dans des conditions normales de marché, sans contrainte de temps.

C'est le notaire qui détermine cette valeur, en s'appuyant sur :

⚠️ Attention à la sous-évaluation : Déclarer un bien en dessous de sa valeur réelle est risqué. L'administration fiscale dispose d'un droit de reprise de 3 ans et peut redresser avec des pénalités de 40 % en cas de mauvaise foi (article 1729 CGI).

L'abattement de 20 % sur la résidence principale (art. 764 bis CGI)

Un abattement fiscal de 20 % sur la valeur vénale de la résidence principale s'applique lorsque le bien est occupé, au jour du décès, par :

Cet abattement de 20 % est automatique et s'applique avant le calcul des droits. Il peut représenter une économie substantielle sur un bien de valeur.

🏡 Abattement résidence principale — Maison 400 000 €

Jean décède. Son épouse Marie occupe toujours la résidence principale évaluée à 400 000 €.

Valeur vénale de la maison = 400 000 € Abattement résidence principale (20 % × 400 000 €) − 80 000 € Valeur retenue pour la succession = 320 000 € Économie d'impôt pour les enfants (20 % sur 80 000 € = 16 000 € de base en moins) soit environ ≈ 16 000 € à 20 % = 3 200 € économisés par enfant

💡 Marie étant exonérée (conjointe), l'abattement profite principalement aux enfants en réduisant leur base imposable.

Exemples chiffrés selon la valeur du bien

🏠 Maison 200 000 € — 1 enfant

Isabelle décède. Sa fille unique Claire hérite d'une maison évaluée 200 000 €. Pas de conjoint, pas de dette.

Valeur vénale de la maison = 200 000 € Actif net successoral = 200 000 € Quote-part Claire (100 %) = 200 000 € Abattement enfant − 100 000 € Part nette taxable = 100 000 € Droits : 5 % sur 8 072 € = 404 € 10 % sur 4 037 € = 404 € 15 % sur 3 823 € = 574 € 20 % sur 84 068 € = 16 814 € Total droits = 18 196 € Frais notaire estimés ≈ 2 800 €

💡 Claire paie 18 196 € de droits pour hériter d'une maison de 200 000 €. Taux effectif : 9,1 %.

🏢 Appartement 350 000 € — 2 enfants

Robert décède en laissant un appartement de 350 000 € à ses deux fils, Lucas et Arthur, à parts égales.

Valeur vénale appartement = 350 000 € Part de chaque fils (50 %) = 175 000 € Abattement par fils − 100 000 € Part nette taxable chacun = 75 000 € Droits par fils : 5 % sur 8 072 € = 404 € 10 % sur 4 037 € = 404 € 15 % sur 3 823 € = 574 € 20 % sur 59 068 € = 11 814 € Total droits par fils = 13 196 € Total droits famille = 26 392 € Frais notaire estimés ≈ 4 500 €

💡 Chaque fils paie 13 196 € de droits. Ils héritent d'un appartement valant 175 000 € chacun. Ils peuvent le vendre et partager ou l'un rachète la part de l'autre.

🏘️ Maison 600 000 € — 3 enfants

Hélène décède en laissant une grande maison de 600 000 €. Ses trois enfants héritent à parts égales.

Valeur vénale maison = 600 000 € Part de chaque enfant (1/3) = 200 000 € Abattement par enfant − 100 000 € Part nette taxable chacun = 100 000 € Droits par enfant : 5 % sur 8 072 € = 404 € 10 % sur 4 037 € = 404 € 15 % sur 3 823 € = 574 € 20 % sur 84 068 € = 16 814 € Total droits par enfant = 18 196 € Total droits 3 enfants = 54 588 € Frais notaire estimés ≈ 7 000 €

💡 Chaque enfant paie 18 196 € sur une part de 200 000 €. L'abattement de 100 000 € par enfant protège bien les familles nombreuses.

L'indivision : quand les héritiers se partagent le bien

Quand plusieurs héritiers reçoivent un bien immobilier, ils entrent automatiquement en indivision. Chacun détient une quote-part de la propriété du bien, sans qu'une partie physique ne lui soit attribuée.

L'indivision implique des règles contraignantes :

💡 La convention d'indivision : Pour éviter les blocages, les héritiers peuvent signer une convention d'indivision chez le notaire, qui fixe les règles de gestion et peut prévoir un droit de préemption entre indivisaires en cas de vente.

Les solutions pour éviter de vendre

La SCI familiale

Créer une Société Civile Immobilière (SCI) familiale avant le décès est la solution la plus efficace pour transmettre un bien immobilier sans indivision contraignante. Les parts sociales de la SCI sont données progressivement aux enfants grâce aux abattements renouvelables (100 000 € tous les 15 ans). Les parts sociales bénéficient en outre d'une décote de 10 à 20 % sur leur valeur imposable (décote d'illiquidité).

→ Guide complet : SCI familiale et transmission immobilière

Le rachat de soulte

Si l'un des héritiers souhaite conserver le bien, il peut racheter les parts des autres. La soulte est la somme versée pour compenser l'excédent reçu. Elle peut être financée par un emprunt immobilier classique. Cette solution clôt l'indivision et évite la vente.

Le démembrement de propriété

En donnant la nue-propriété du bien à ses enfants de son vivant et en conservant l'usufruit, le parent transmet la valeur future du bien à moindre coût fiscal. Seule la valeur de la nue-propriété est imposée au moment de la donation (réduite selon l'âge de l'usufruitier). Au décès, la nue-propriété et l'usufruit se réunissent automatiquement chez les enfants, sans droits supplémentaires.

→ Guide démembrement : transmettre sans droits à la consolidation

Pour aller plus loin sur les spécificités de la maison familiale, consultez notre guide dédié : Succession d'une maison : calcul et droits à payer.

FAQ — Immobilier et succession

Comment est évalué un bien immobilier dans une succession ?

Le bien est évalué à sa valeur vénale au jour du décès : le prix que consentirait un acheteur dans des conditions normales de marché. C'est le notaire qui l'estime, avec l'appui d'agences immobilières ou d'experts. Une sous-évaluation peut être redressée par le fisc avec des pénalités de 40 % en cas de mauvaise foi.

Peut-on bénéficier d'un abattement sur la résidence principale ?

Oui. L'article 764 bis du CGI prévoit un abattement de 20 % sur la valeur de la résidence principale, à condition que le conjoint survivant ou des enfants mineurs l'occupent au moment du décès. Cet abattement s'applique automatiquement avant le calcul des droits de succession.

Faut-il vendre la maison pour payer les droits de succession ?

Pas nécessairement. Les héritiers peuvent demander un paiement fractionné sur 3 ans, ou différé de 6 mois supplémentaires. Si l'un des héritiers reprend le bien, il verse une soulte aux autres et finance les droits par emprunt. Avec une anticipation en amont (SCI, démembrement, donations), la facture peut être considérablement réduite.

Qu'est-ce que la soulte dans une succession immobilière ?

La soulte est la compensation versée par l'héritier qui reprend un bien dont la valeur dépasse sa quote-part légale. Par exemple, pour une maison de 300 000 € partagée entre 2 enfants, celui qui la reprend verse 150 000 € de soulte à son frère ou sœur. Elle peut être financée par un emprunt immobilier.

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