J'ai une assurance-vie : comment est-elle traitée à ma succession ?

L'assurance-vie est le placement préféré des Français pour transmettre hors succession. Mais ses règles fiscales sont complexes : plafond de 152 500 €, régime après 70 ans, clause bénéficiaire... Voici tout ce qu'il faut savoir pour optimiser la transmission de vos contrats.

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Équipe SimulezVotreMort.fr
Publié le 9 septembre 2026

Avec 1 800 milliards d'euros d'encours en France, l'assurance-vie est bien le placement numéro un des Français — notamment pour sa fiscalité successorale très avantageuse. Mais tous les contrats ne se valent pas, et les règles varient considérablement selon l'âge des versements.

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Principe fondamental : l'assurance-vie est hors succession

En France, les capitaux transmis via l'assurance-vie ne font pas partie de la succession. Ils sont versés directement au(x) bénéficiaire(s) désigné(s) dans la clause bénéficiaire, sans passer par le notaire, sans délai de règlement successoral, et sans droits de succession dans les limites légales.

🎯 Ce que cela change concrètement : une succession de 600 000 € dont 200 000 € en assurance-vie n'est taxée que sur 400 000 € (sous réserve des abattements). Les 200 000 € d'AV sont transmis séparément, avec leur propre fiscalité très avantageuse.

Le régime fiscal pour les primes versées avant 70 ans

C'est le régime le plus favorable. Pour les versements effectués avant les 70 ans de l'assuré :

Montant reçu par bénéficiaireTaxation
Jusqu'à 152 500 €0 % — totalement exonéré
De 152 500 € à 700 000 €20 % (prélèvement forfaitaire)
Au-delà de 700 000 €31,25 %

L'abattement de 152 500 € est individuel par bénéficiaire. Si vous désignez deux enfants, chacun bénéficie de son propre abattement.

📊 Exemple : 2 contrats, 2 enfants bénéficiaires (primes avant 70 ans)
Parent A : contrat AV 300 000 € (bénéficiaire : enfant 1) Parent B : contrat AV 300 000 € (bénéficiaire : enfant 2) Enfant 1 reçoit 300 000 € : Abattement AV − 152 500 € Base taxable = 147 500 € Prélèvement 20 % = 29 500 € Enfant 2 reçoit 300 000 € : Même calcul → 29 500 € Total droits AV pour la famille = 59 000 € (vs droits succession sur 600 000 € ≈ 100 000 € pour 2 enfants)

💡 Économie grâce à l'AV : ~41 000 €. Et les 2 contrats sont réglés en quelques semaines, sans attendre le règlement successoral.

Le régime des primes versées après 70 ans

Moins avantageux, ce régime s'applique aux versements effectués après les 70 ans de l'assuré :

⚠️ Stratégie : effectuez vos versements importants avant vos 70 ans. Après 70 ans, l'assurance-vie conserve ses avantages pour la gestion et la liquidité, mais son intérêt successoral se limite aux intérêts accumulés. Un conseiller financier peut vous aider à répartir les versements dans le temps.
📊 Comparaison : même versement avant/après 70 ans
Versement de 200 000 € sur un contrat AV Bénéficiaire : 1 enfant Avant 70 ans : Abattement AV individuel − 152 500 € Base taxable = 47 500 € Prélèvement 20 % = 9 500 € → Coût total = 9 500 € Après 70 ans : Abattement global 30 500 € − 30 500 € (si seul bénéficiaire) Base taxable (droits succ.) = 169 500 € Droits (enfant, tranche 20%) ≈ 33 900 € → Coût total ≈ 33 900 € Différence = 24 400 € de plus après 70 ans

💡 L'abattement de 152 500 € avant 70 ans est 5 fois plus généreux que le plafond de 30 500 € après 70 ans.

La clause bénéficiaire : l'outil clé

La clause bénéficiaire désigne qui recevra les capitaux au décès. Elle est totalement libre — vous pouvez désigner :

💍 Spécificité concubin : le concubin non marié ni pacsé n'a aucun droit successoral légal et paie 60 % de droits de succession sur ce qu'il reçoit. Mais via l'assurance-vie (primes avant 70 ans), il bénéficie de l'abattement de 152 500 € et du prélèvement forfaitaire de 20 %. Un avantage fiscal considérable pour les couples non mariés.

→ Voir le cas concret du concubin et droits de succession

Erreurs fréquentes à éviter

Erreur 1 : clause bénéficiaire "mes héritiers légaux"

Si vous écrivez "mes héritiers légaux" comme bénéficiaire, le capital entre dans la succession — ce qui annule l'avantage fiscal de l'AV. Désignez explicitement les personnes (prénom, nom, date de naissance).

Erreur 2 : ne pas mettre à jour la clause

Vous aviez désigné votre ex-conjoint(e) ? Après un divorce, la clause bénéficiaire reste valable si vous ne la modifiez pas. Vérifiez votre clause tous les 5 ans, ou après tout changement de situation familiale.

Erreur 3 : "primes manifestement exagérées"

Si les primes versées représentent une part disproportionnée de votre patrimoine et que les héritiers réservataires sont lésés, ils peuvent contester en justice. Ce risque est réel pour les personnes âgées ayant versé l'essentiel de leur patrimoine en AV.

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FAQ — Assurance-vie et succession

L'assurance-vie est-elle incluse dans la succession ?

Non, en principe. Les capitaux décès de l'assurance-vie sont versés directement aux bénéficiaires désignés, hors succession et hors droits de succession, dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire (pour les primes versées avant 70 ans). Ils n'entrent donc ni dans l'actif successoral, ni dans le calcul de la réserve héréditaire (sauf primes manifestement exagérées).

Quel est le plafond d'exonération de l'assurance-vie ?

152 500 € par bénéficiaire désigné, pour les primes versées avant 70 ans. Au-delà : prélèvement forfaitaire de 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 %. Ce plafond est individuel : si vous avez deux enfants, chacun bénéficie de son propre abattement de 152 500 €, soit 305 000 € au total pour deux enfants.

Que se passe-t-il pour les versements après 70 ans ?

Les primes versées après 70 ans bénéficient d'un abattement global de seulement 30 500 € (tous bénéficiaires confondus). Le surplus est soumis aux droits de succession classiques selon le lien de parenté. En revanche, les intérêts et plus-values générés par ces primes restent exonérés de droits de succession, quelle que soit leur montant.

Peut-on désigner n'importe qui comme bénéficiaire ?

Oui. L'assurance-vie permet de transmettre à qui vous voulez : enfants, petits-enfants, amis, partenaires non mariés, associations, etc. C'est particulièrement utile pour les concubins (qui n'ont aucun droit successoral en dehors de l'AV) ou les personnes souhaitant favoriser un héritier par rapport à d'autres, dans les limites de la réserve héréditaire.

Les droits de succession sur l'AV sont-ils différents selon le bénéficiaire ?

Non. Le régime fiscal de l'assurance-vie (primes avant 70 ans : 0 % jusqu'à 152 500 €, 20 % au-delà) s'applique uniformément, quel que soit le lien de parenté avec le bénéficiaire. Un ami reçoit les mêmes avantages qu'un enfant — contrairement aux droits de succession classiques où un ami paierait 60 %.

💡 Les avantages de l'AV pourraient-ils être remis en cause en 2027 ?
Plusieurs propositions présidentielles visent la fiscalité de l'assurance-vie. Voir les propositions des candidats →