Exonérations des droits de succession : qui ne paie rien ?

La loi prévoit plusieurs cas d'exonération totale ou partielle des droits de succession. Conjoint, partenaire PACS, personne handicapée, frères et sœurs sous conditions, legs à des associations… voici tous les cas légaux en 2026.

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Équipe SimulezVotreMort.fr
Publié le 13 juillet 2026 · Barèmes 2026 officiels

Contrairement à ce que beaucoup pensent, les droits de succession ne s'appliquent pas dans tous les cas. La loi française prévoit plusieurs exonérations totales ou très importantes selon la qualité du bénéficiaire ou la nature des biens transmis.

Bénéficiaire Base légale Exonération Condition spécifique
Conjoint marié Loi TEPA 2007 (art. 796-0 bis CGI) Totale (0 €) Être marié au jour du décès
Partenaire PACS Loi TEPA 2007 (art. 796-0 quater CGI) Totale (0 €) PACS en vigueur au jour du décès
Héritier handicapé Art. 779 II CGI 159 325 € supplémentaires Incapacité de travailler dans des conditions normales de rentabilité
Frère / Sœur Art. 796-0 ter CGI Totale 3 conditions cumulatives (célibat, cohabitation 5 ans, +50 ans)
Association reconnue d'utilité publique Art. 795 CGI Totale Utilité publique reconnue par décret
Bois et forêts Art. 793 CGI 75 % sur la valeur Engagement de gestion durable pendant 30 ans
Entreprise (Pacte Dutreil) Art. 787 B/C CGI 75 % sur la valeur Engagement de conservation des titres

L'exonération totale du conjoint marié et du partenaire PACS

C'est l'exonération la plus connue et la plus importante. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, les articles 796-0 bis et 796-0 quater du CGI prévoient :

⚠️ Le concubin reste lourdement taxé : Le simple concubin (non marié, sans PACS) n'est pas concerné par cette exonération. Il reste taxé à 60 % après un abattement de seulement 1 594 €. Pour un patrimoine de 200 000 €, cela représente près de 120 000 € de droits. L'assurance-vie avec désignation bénéficiaire reste le principal outil pour protéger un concubin.
📌 Exemple chiffré — conjoint exonéré : Marie et Paul sont mariés. Paul décède et laisse un patrimoine de 800 000 €. Marie, en tant que conjointe survivante, ne paie aucun droit de succession. À titre de comparaison, deux enfants auraient payé environ 161 194 € de droits sur ce même patrimoine. L'exonération TEPA représente ici une économie de plus de 160 000 €.

L'abattement spécifique pour handicap

Les personnes atteintes d'une infirmité les empêchant de travailler dans des conditions normales de rentabilité bénéficient d'un abattement supplémentaire de 159 325 €.

📌 Exemple chiffré — héritier handicapé : Lucas, reconnu handicapé au sens de l'art. 779 II CGI, hérite de 250 000 € de son père. Abattement enfant : 100 000 € + abattement handicap : 159 325 € = 259 325 € d'abattements cumulés. Base taxable : 250 000 − 259 325 = 0 €. Droits dus : 0 €. Sans l'abattement handicap, Lucas aurait payé environ 30 194 € de droits.

L'exonération entre frères et sœurs (conditions strictes)

En règle générale, les frères et sœurs paient des droits de succession élevés (35 % puis 45 %). Mais l'article 796-0 ter du CGI prévoit une exonération totale si les trois conditions suivantes sont réunies :

  1. Être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps au moment du décès ;
  2. Avoir été domicilié en permanence avec le défunt pendant les 5 années précédant son décès ;
  3. Être âgé de plus de 50 ans ou atteint d'une infirmité le rendant incapable de subvenir à ses propres besoins.

Ces trois conditions doivent être remplies simultanément. Si l'une manque, l'exonération ne s'applique pas et le barème ordinaire (35-45 %) s'applique après l'abattement de 15 932 €.

📌 Exemple chiffré — frère ou sœur exonéré : Catherine, célibataire de 52 ans, vivait avec son frère depuis 6 ans dans la même maison. Son frère décède en lui laissant 300 000 €. Catherine remplit les 3 conditions de l'art. 796-0 ter CGI (célibataire, cohabitation 5+ ans, plus de 50 ans). Elle bénéficie d'une exonération totale — même sur un héritage de 300 000 €. Sans cette exonération, elle aurait payé plus de 130 000 € de droits au taux de 35-45 %.

Les legs à des associations et fondations

Les organismes sans but lucratif bénéficient d'une exonération totale sur les legs et successions qu'ils reçoivent, à condition de répondre aux critères légaux. Sont notamment exonérés :

💡 Avantage pour le testateur : En incluant un legs à une association reconnue d'utilité publique dans votre testament, vous réduisez l'actif successoral taxable pour vos héritiers tout en soutenant une cause qui vous tient à cœur. Cette stratégie est cumulable avec les autres dispositifs.

Les biens professionnels sous Pacte Dutreil

Les titres d'entreprises faisant l'objet d'un Pacte Dutreil (art. 787 B et C CGI) bénéficient d'un abattement de 75 % sur leur valeur. Ce n'est pas une exonération totale, mais la réduction est majeure : une entreprise de 800 000 € n'est taxée que sur 200 000 €.

→ Guide complet sur la succession d'entreprise et le Pacte Dutreil

Les bois et forêts

Les propriétaires forestiers bénéficient d'une réduction de 75 % sur la valeur des bois et forêts (art. 793 CGI), sous engagement de gestion durable pendant 30 ans. Les héritiers doivent s'engager à exploiter les bois conformément à un plan simple de gestion ou un règlement type de gestion agréé par le Centre National de la Propriété Forestière.

Ce qui n'est jamais exonéré

Certaines transmissions ne peuvent bénéficier d'aucune exonération légale, quels que soient les montants en jeu :

⚠️ Neveux et nièces : un neveu qui hérite de 200 000 € paiera environ 105 000 € de droits (55 % après 7 967 € d'abattement). Pour le protéger, le seul levier légal efficace est la désignation bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie : jusqu'à 152 500 € transmis hors droits pour les versements effectués avant 70 ans.

FAQ exonérations

Le conjoint marié est-il exonéré de droits de succession ?

Oui, totalement. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant marié est exonéré de droits de succession quel que soit le montant hérité, sans plafond ni condition. Le partenaire de PACS bénéficie de la même exonération totale. En revanche, le concubin non pacsé reste taxé à 60 % après 1 594 € d'abattement.

Un legs à une association est-il exonéré de droits de succession ?

Oui, si l'association est reconnue d'utilité publique ou répond aux critères légaux (fondation reconnue d'utilité publique, établissement d'enseignement, établissement hospitalier public…). Le legs bénéficie alors d'une exonération totale de droits de succession. C'est une raison supplémentaire d'inclure un legs associatif dans son testament : cela réduit l'actif taxable des héritiers.

L'abattement pour handicap est-il cumulable avec les autres abattements ?

Oui, l'abattement de 159 325 € pour handicap est cumulable avec tous les abattements liés au lien de parenté. Un enfant handicapé bénéficie donc d'un abattement total de 259 325 € (100 000 + 159 325 €) sur la part reçue de chacun de ses parents. La condition est d'être atteint d'une infirmité empêchant de travailler dans des conditions normales de rentabilité.

Les bois et forêts sont-ils exonérés de droits de succession ?

Pas totalement, mais ils bénéficient d'une réduction de 75 % sur leur valeur taxable (art. 793 CGI), sous engagement de gestion durable pendant 30 ans. Les héritiers doivent s'engager à exploiter les bois conformément à un plan simple de gestion approuvé. C'est un avantage fiscal majeur pour les propriétaires forestiers souhaitant transmettre leur patrimoine.

Un concubin peut-il être exonéré de droits de succession ?

Non. Le concubin non marié et non pacsé est assimilé à un tiers par le droit fiscal : il est taxé à 60 % après seulement 1 594 € d'abattement. Sur un héritage de 100 000 €, cela représente environ 59 000 € de droits. Les deux seules solutions légales sont : (1) se marier ou conclure un PACS (qui ouvre droit à l'exonération totale TEPA), ou (2) alimenter un contrat d'assurance-vie en désignant le concubin comme bénéficiaire — jusqu'à 152 500 € transmis hors droits pour les versements effectués avant 70 ans.

L'exonération TEPA s'applique-t-elle aussi aux donations entre époux ?

Oui. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, les donations entre époux sont également exonérées de droits de mutation à titre gratuit, sans plafond et sans condition de durée du mariage. Cette exonération s'applique aussi bien aux successions qu'aux donations du vivant consenties entre conjoints mariés. En revanche, les donations entre partenaires de PACS restent soumises à un abattement de 80 724 € (et non à l'exonération totale qui ne s'applique qu'aux successions).

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