Votre père vient de décéder. Avant tout, sachez que vous n'êtes pas seul(e) dans cette situation, et que les démarches successorales, bien qu'inévitables, peuvent être gérées sereinement si vous les abordez dans le bon ordre. Ce guide vous donne un cap clair.
→ Calculez dès maintenant les droits de succession avec notre simulateur gratuit
Les démarches selon le calendrier
Dans les 24 heures
Le décès doit être constaté par un médecin qui délivre le certificat de décès. Si votre père est décédé à l'hôpital, cette étape est gérée sur place. Vous devez ensuite déclarer le décès à la mairie du lieu de décès dans les 24 heures (hors week-ends et jours fériés) pour obtenir l'acte de décès — document indispensable pour toutes les démarches suivantes.
Dans les 6 jours
C'est dans cette fenêtre que les obsèques doivent légalement avoir lieu (sauf dérogation). Contactez une entreprise de pompes funèbres ; si votre père avait souscrit une assurance obsèques, le contrat précise la marche à suivre. Demandez plusieurs exemplaires de l'acte de décès (comptez 8 à 10 copies).
Dans le premier mois
- Prévenez la banque de votre père : les comptes sont bloqués (sauf pour les frais funéraires dans la limite de 5 000 €)
- Contactez un notaire si la succession inclut des biens immobiliers, ou si le patrimoine dépasse un certain seuil — le notaire est obligatoire dans ces cas
- Recherchez un éventuel testament (tiroirs, coffre à la banque, notaire) et les contrats d'assurance-vie
- Informez la CAF, la retraite (CNAV, MSA…), la Sécurité sociale, la mutuelle
Dans les 6 mois
C'est le délai légal pour déposer la déclaration de succession auprès du service des impôts et payer les droits éventuels. Ne laissez pas traîner : des pénalités de retard s'appliquent au-delà (intérêt de 0,20 % par mois).
Qui hérite après le décès de votre père ?
Si votre mère est encore vivante (conjoint survivant)
Votre mère a le choix entre deux options :
- L'usufruit de la totalité : elle peut utiliser tous les biens (habiter la maison, percevoir les loyers) mais ne peut pas les vendre sans l'accord des enfants, qui ont la nue-propriété
- Un quart de la succession en pleine propriété : les enfants se partagent les trois quarts restants
C'est votre mère qui choisit. Si votre père avait fait une donation au dernier vivant, les droits du conjoint sont étendus et peuvent aller jusqu'à la totalité en usufruit ou une part en pleine propriété plus importante.
Si votre mère est déjà décédée
Vous et vos frères et sœurs héritez de l'ensemble de la succession en parts égales. En tant qu'enfants, vous êtes les héritiers réservataires : la loi vous garantit une part minimale qu'aucun testament ne peut vous retirer.
Calcul des droits de succession
Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € sur la part reçue de son père. Au-delà, le barème progressif en ligne directe s'applique.
Votre père laisse 400 000 € (maison + épargne). Vous êtes deux enfants.
💡 Taux effectif : environ 9 % sur chaque part reçue
Si votre mère est vivante et opte pour l'usufruit de la totalité, le calcul est différent : vous recevez la nue-propriété, valorisée en fonction de l'âge de votre mère. Les droits sont réduits et vous devenez plein propriétaire automatiquement au décès de votre mère, sans droits supplémentaires.
→ Consultez notre guide complet sur les droits de succession et le barème 2026
Et si le patrimoine comprend la maison familiale ?
Si votre père habitait dans la maison au moment de son décès, et que votre mère y habite aussi, un abattement de 20 % s'applique sur la valeur de la résidence principale pour le calcul des droits — sous certaines conditions. Cet avantage peut représenter des dizaines de milliers d'euros d'économie.
En cas d'indivision avec vos frères et sœurs, vous devrez vous accorder sur le devenir du bien : le conserver, le vendre, ou l'un d'entre vous rachète la part des autres (rachat de soulte). Le notaire vous accompagne dans cette étape.
→ Guide dédié : j'hérite de la maison de mes parents
FAQ — Questions fréquentes après le décès d'un père
Dois-je payer des droits sur la maison de mon père ?
Oui, si votre part dépasse 100 000 €. Avec un abattement de 100 000 € par enfant, une maison de 200 000 € partagée entre deux enfants génère 0 € de droits (100 000 € chacun = abattement total). Au-delà, le barème progressif s'applique à partir de 5 %.
Qui est l'héritier principal après le décès de mon père ?
Si votre mère est vivante, elle a des droits prioritaires sur la succession (usufruit ou quart en PP). Si elle est décédée, vous et vos frères et sœurs héritez à parts égales. Un testament peut modifier cette répartition, mais pas au détriment de la réserve héréditaire des enfants.
Dans quel délai doit-on régler la succession ?
La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès. Les droits sont payés à ce moment. Un paiement fractionné sur 3 ans peut être demandé au service des impôts sous conditions.
Faut-il obligatoirement un notaire ?
Le notaire est obligatoire dès qu'il y a un bien immobilier dans la succession, ou si elle dépasse 5 000 €. Pour une succession simple sans immobilier et de faible montant, vous pouvez gérer les démarches entre héritiers. Dans tous les cas, consulter un notaire est recommandé.